jeudi 29 avril 2010

Les brancardiers du CHC Liège en grève!

Réaction des militants du secteur des soins de santé du PSL

Depuis vendredi passé (24/04), les brancardiers du CHC Liège sont partis en grève. La grève a ensuite été reconduite lundi soir suite au refus de la direction de satisfaire les revendications du personnel. Les brancardiers dénoncent la surcharge de travail et revendiquent donc l’engagements de minimum deux équivalents temps plein ainsi qu’une revalorisation salariale.
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Comme dans beaucoup de conflits sociaux, la direction essaye de monter le reste du personnel contre leurs collègues en lutte. Le travail des brancardiers est en effet assuré depuis de début de la grève par les stagiaires infirmières pour tenter de rendre leurs actions de grève inefficaces. La direction déclare : « Malgré une charge de travail importante, le personnel des unités de soins pallie donc le manque de brancardiers de manière à éviter de perturber le quartier opératoire, les services médicotechniques et, plus important encore, les patients. ». Une belle tentative de division en essayant de monter le reste du personnel de l’institution et les patients contre les travailleurs en action. Face à cette manœuvre inacceptable de la direction et cette nouvelle atteinte au droit de grève, les syndicats ont organisé une action de blocage de l’Unité administrative et logistique de l’hôpital. Les brancardiers tentent aussi d’empêcher d’autres catégories de personnel de brancarder à leur place.
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Dans ce même communiqué arrogant, la direction déclare qu’il est hors de question de céder aux attentes des brancardiers "ni sur la hausse barémique, ni sur l'engagement de deux équivalents temps plein (ETP) supplémentaires". Face à cette déclaration, les représentants des brancardiers ont déclaré qu’ils sont "vraiment déterminés à montrer qu'ils ne se laisseront pas faire et qu'ils iront jusqu'au bout de leurs revendications".La situation que vit le personnel du CHC Liège face à la surcharge et la dégradation des conditions de travail ainsi que sur les salaires de misère fait drôlement penser à celle de nombreuses autres institutions de soins belges.
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Utiliser l’argument du bien-être du patient dans ce contexte de grève est une attitude on ne peut plus hypocrite de la direction sachant la situation catastrophique dans laquelle se trouve depuis des années nos hôpitaux. C’est la politique du gouvernement et des institutions qui est responsable du mauvais accueil et des mauvais soins donnés aux patients et non pas le personnel qui est d’ailleurs le seul à vivre la réalité sur le terrain. Le manque de financement et l’augmentation considérable de la charge de travail sont à la base de l’ensemble des problématiques que vit le secteur. On est tous confrontés à cette volonté des différentes directions de vouloir nous faire faire toujours plus avec toujours moins de personnel sur le terrain.
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C’est pourquoi les membres et sympathisants du PSL actifs dans le secteur des soins de santé veulent féliciter leurs collègues de Liège et la détermination avec laquelle ils ont entamé leur combat. Il est aujourd’hui grand temps que nos syndicats organisent à l’échelle nationale un plan d’action d’envergure pour exiger un refinancement des soins de santé et un engagement massif du personnel nécessaire. Nous pensons aussi qu’il faut essayer à tout prix de ne pas se laisser isoler et qu’il est important d’essayer de construire la solidarité avec l’ensemble du personnel et des patients de nos institutions. C’est pourquoi nous exprimons notre totale solidarité avec les camarades du CHC de Liège et nous nous engageons à informer nos collègues partout ou nous sommes présents !

jeudi 25 mars 2010

tract Hypertension, édition Brugmann mars 2010

Hypertension Brugmann :
Hôpitaux publics en détresse : un plan d’action est nécessaire !

Ce n’est pas nouveau, depuis des années, l’ensemble des travailleurs des hôpitaux publics ressent au quotidien une dégradation accélérée de ses conditions de travail. En effet, depuis dix ans, les cinq hôpitaux publics bruxellois (réseau IRIS) ont vu leurs activités sans cesse augmenter. En passant de 587.000 à plus d'un million de patients en 2007, les consultations de ces hôpitaux ont ainsi accueilli quasi deux fois plus de visiteurs qu'en 1997. Les hospitalisations d'un jour ne cessent également d'augmenter dans le réseau, passant de 42.000 à plus de 51.000, entre 2005 et 2007 (source : Le Soir en 2009).

Nos directions s’en vantent bien évidemment, omettant les conséquences pour les patients et les travailleurs du secteur dans une situation où le personnel au service du patient, lui n’augmente pas ! Dans notre institution, soumise par la direction à un « plan social », on peut même dire que le nombre de travailleurs diminue (plus de 80 départs sont prévus). Cette croissance des activités augmente donc les rentrées financières, mais ne sert ni à l’engagement de personnel supplémentaire, ni à l’amélioration de nos conditions de travail ou encore à l’augmentation des salaires.

Les patients sont bien évidemment victimes de ces problèmes structurels. Avec le manque de temps et le stress du personnel, les soins aux patients ne peuvent se faire dans les meilleures conditions. Pourtant chaque travailleur fait clairement de son mieux pour pallier aux carences. Les heures supplémentaires accumulées en sont bien la preuve. Les patients ne sont pas des marchandises ou des chiffres comptables… pour le personnel en tout cas.

Pour la direction, le point de vue semble radicalement différent. Sous le prétexte d’un nouveau programme de gestion des heures, celle-ci n’à en effet rien de trouver de mieux que de vouloir « voler » une grosse partie des heures supplémentaires prestées.

Non contente de nous surexploiter pour son « équilibre budgétaire », la direction voudrait que cela ne lui coûte rien. Ceci ajouté aux intimidations et pressions individuelles (changements d’horaires constants, imposition de journées de 12h,…) sur les membres du personnel, il n’est pas étonnant que les tensions soient croissantes, que le nombre de burn-out explose et que beaucoup d’entre nous décident de quitter l’hôpital.

Il est grand temps que l’on s’attaque à cette situation catastrophique. Les actions de l’année passée contre la suppression des heures supplémentaires étaient un bon début dans ce sens. Il aurait fallu saisir l’occasion pour dénoncer le manque de personnel récurrent, la dégradation de nos conditions de travail,…en organisant un plan d’action mobilisateur. Il ne faut pas se voiler la face : les causes de l’explosion des heures supplémentaires par exemple sont toujours présentes et la situation ne va que s’empirer.

Il va être crucial dans les mois à venir de s’organiser et de s’unifier autour de revendications combatives pour construire un rapport de force sérieux face à la direction. Nous appelons tous les travailleurs, militants et délégués syndicaux à discuter et mobiliser autour d’eux et à engager la discussion avec leurs responsables syndicaux sur la nécessité d’une réaction organisée face à l’arrogance de la direction. On ne peut plus laisser faire !!

mardi 23 mars 2010

Une victoire pour les opposants à un Ordre Infirmier

Historique:
En 2008 la ministre Onkelinx demandait, dans le cadre de son "Plan d'attractivité de la profession infirmière " au Conseil National de l'Art Infirmier (CNAI) de donner un avis sur " l'opportunité de la création d'un Ordre Infirmier."

Aujourd'hui 18 mars 2010, après de nombreuses discussions, entre autre dans le Groupe de travail spécial du CNAI, et sans oublier la campagne du front commun syndical, la question fut soumise au vote de l'assemblée pleinière du CNAI. Il y eu concrètement un vote sur "l'opportunité de créer un Ordre de l'Art Infirmier ou un organe similaire". Résultat des votes: 5 pour, 8 contre, 1 abstention (le médecin qui siégeait)

En clair: le Conseil National de l'Art Infirmier donne un avis négatif au ministre en ce qui concerne la création d'un Ordre.

Mais la question d'un Ordre, comme le monstre du Loch Ness, remonte régulièrement à la surface... et rien n'oblige évidemment la ministre à écouter cet avis...

Espérons qu'il n'y ai PAS de suite!

Plus d'info:
le tract du front commun contre l'ordre infirmier
groupe facebook CSC Services Publics contre l'ordre infirmier
groupe facebook CNE contre l'ordre
groupe facebook front commun néerlandophone: BBTK- ACV Openbare Diensten- ACOD

jeudi 4 septembre 2008

HOPITAL FRANCAIS: messages SETCa-BBTK

COMMUNIQUE DE PRESSE SETCA-BBTK 03/09/2008

Cher(e)s Collègues,

L’action prévue par les délégués de l’Hôpital français ce vendredi après-midi est suspendue jusqu’à la fin de la semaine prochaine.
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Pour rappel, les liquidateurs de l’Hôpital français, refusaient de payer le mois d’août aux travailleurs protégés qui n’avaient toujours pas retrouvé d’emploi et qui ne pouvaient donc pas bénéficier des allocations de chômage.
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Une réunion ce matin a permis de trouver un accord avec les liquidateurs. Ils sont d’accord de payer les 20 travailleurs concernés (13 SETCa et 7 CNE). Ils sont d’accord de donner les documents sociaux à tous les travailleurs protégés.
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Les organisations syndicales ont promis d’envoyer un courrier à tous les autres travailleurs protégés pour leur demander à partir de quand ils avaient retrouvé un travail et éviter ainsi le paiement d’une double rémunération.

Là ou un désaccord subsiste c’est que les liquidateurs ne sont pas d’accord de payer l’indemnité de rupture due à tous les travailleurs licenciés de l’HF qui ont retrouvé un travail avec reprise complète de l’ancienneté !

Nous nous revoyons à ce sujet et pour faire également l’inventaire de problèmes non résolus vis-à-vis des déclarations de créances des travailleurs, le 13 octobre à 10h chez Maître DAL.
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Message SETCa-BBTK 02/09/2008

AUX MILITANTS DU SECTEUR NON MARCHAND

APPEL A LA SOLIDARITE – HOPITAL FRANCAIS
VENDREDI 5.9.2008 – 15 HEURES – AVENUE LOUISE

Cher(e)s Collègues,
Nous vous demandons de prendre connaissance du communiqué de presse diffusé ce 1er septembre 2008.
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« Les liquidateurs de l’Hôpital Français ont licencié les travailleurs protégés de l’hôpital français le 26 août.
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Jusque là, je n'ai pas de problème.
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En effet, si la demande était faite par les liquidateurs le 25 juin 2008 à la commission paritaire de lever les protections des travailleurs protégés (au sens de la Loi sur les élections sociales CE et CPPT) et sans réponse de la CP, ils pouvaient donner les préavis.
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Mais les travailleurs apprennent, le jour où ils sont licenciés, qu’ils ne seront pas payés pour le mois d’août alors qu’ils l’ont été jusque là !
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Il s’agit d’une vingtaine de travailleurs qui n’ont pas encore retrouvé d’emploi et qui ne pouvaient pas s’inscrire à l’ONEM et au chômage puisqu’ils étaient toujours sous contrat de travail, sans travail...
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La réponse des liquidateurs est, de manière simplifiée, qu’ils ne veulent pas créer de discrimination avec les autres travailleurs !
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Pourquoi ont-il payé à ces travailleurs protégés déjà un mois de plus que les autres (juillet) et soudainement mangent leurs engagements et décident tout d’un coup de ne plus payer le mois d’août !
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Les travailleurs concernés iront personnellement dire ce qu’ils pensent de tout cela, après s’être inscrit au CPAS, c’est tout ce qu’ils peuvent faire aux liquidateurs mercredi 3 septembre le matin !
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Décidément, le sort s’acharne bien fort sur des travailleurs déjà bien ébranlés par cette catastrophe sociale... »

Nous vous demandons de manifester votre solidarité vis-à-vis de ces travailleurs ce vendredi 5 septembre à 15 heures, avenue Louise, 99 – 1050 Bruxelles, à moins que la situation se débloque d’ici là.
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Veuillez téléphoner à notre secrétariat afin de vous assurer du maintien ou non de cette action
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ENSEMBLE, ON EST PLUS FORTS !

dimanche 18 mai 2008

Hôpital Français [suite 2]

Fin de semaine passée, je vous faisais part des actions entreprises par les travailleurs de l’Hôpital Français. Voici quelques nouvelles de la suite des événements:

-Les travailleurs voulaient occuper le site jusqu’au mardi 13/5
Le samedi 10, les travailleurs ont trouvé le site fermé et surveillé par des vigiles d’une firme de surveillance privée.

-Les travailleurs seraient payés mais ne devaient pas prester les heures.
La direction « réquisitionne » les présents et les fait ranger, nettoyer, inventorier, emballer les draps, etc… Ils ne sont admis sur le site qu’entre 8h et 17h. Le salaire est garantit jusqu’au vendredi 16/5.

-Des repreneurs s’étaient fait connaître.
* Piste « Ville de Bruxelles-Erasme » (Non-marchand public)
+/- 250 ETP repris
* Piste « St-Luc – St-Jean » (Non-marchand privé subsidié )
Déclaration d’intention mais peu ou pas de chiffres ou d’éléments concrets.
Ils devaient remettre un dossier fin mai début juin.
* Senior Assist (Privé du secteur des Maison de retraites)
Transformation en Home ou en Maison de Retraite et de Soin
Je n’ai pas d’autres infos si ce n’est que cela implique des travaux de rénovation.
Quid des reprises de personnel ?
D’autres sources disent que Senior Assist ne serait prêt à reprendre que les seuls bâtiments.

-AG du 13/5
Le permanent SETCa/BBTK francophone Y. Dupuis étant dans l’impossibilité de venir, c’est son collègue néerlandophone R. Reynders qui vient épauler la délégation SETCa.
Une bonne centaine de travailleurs sont présents.
Il y a du avoir un bug lors de la fixation du RV car la CNE ne se présente pas, pour eux l’AG
devait avoir lieu le lendemain. Cela a, malheureusement créé une tension et de la suspicion entre les deux délégations.
Après avoir attendu la CNE l’AG a quand même eu lieu. La position du SETCa a été soumise aux travailleurs.
Le Setca soutien la piste « Ville de Bruxelles-Erasme » qui garantirait le plus de travailleurs repris.

-Plus de sous.
Le BMF (Budget des Moyens Financiers) est effectivement bloqué à la banque.

Toute cette situation finit quand même par éroder la combativité des travailleurs. Certains finissent par se dire qu’une liquidation judiciaire serait préférable car ils pensent qu’ils toucheront leur argent plus vite.
Pour les délégués, l’impression est que tout le monde est à bout.

Arrivée de l’administrateur provisoire Mme Linday vendredi 16

Je ne manquerai pas de vous tenir informé de l’évolution (la dégradation ?) de la situation.

samedi 10 mai 2008

Hôpital Français [suite]

La proposition d’administrateur provisoire a été acceptée par les travailleurs présents et leurs représentants syndicaux.
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C’est une juriste spécialisée dans ce genre d’affaire appartenant au SFP Emploi (Ministère du Travail) qui assumera cette tâche et fera le relai entre les différentes parties et les repreneurs potentiels.
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Les travailleurs continueront à être payés mais ne devrons pas prester les heures de travail. Ce qui n’est pas un cadeau de la direction. Il n’y a plus de médecin en suffisance, le site est à l’arrêt et toujours pas de sous pour faire tourner l’outil.
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Dès lors, la direction a été libérée vers 22h.
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Les délégations se réuniront mardi 13/5 pour faire le point et une Assemblée du personnel se tiendra mercredi 14/5.
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En attendant les travailleurs refusent de quitter le site et assurerons une occupation de l’institution jusqu'à mardi.
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C’est dans le combat en commun que la force de la classe ouvrière montre toute son ampleur.
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Bien sûr les travailleurs ont obtenu une petite bouffée d’oxygène. Mais ils ont gagné une bataille, la direction n’a pas su euthanasier l’hôpital. La lutte ne fait que commencer mais les travailleurs de l’Hôpital Français pourront, dans cette victoire, puiser la force de continuer.

« Qui lutte peut perdre.
Qui ne lutte pas a déjà perdu… »

Hôpital Français. La direction séquestrée par les travailleurs excédés

Depuis quelques temps déjà l’ASBL Hôpital Français connaissait de graves problèmes financiers. Des bruits de reprises couraient fréquemment.

Actuellement l’Hôpital Français est sous assistance respiratoires et ses fonctions vitales sont a l’arrêt. Il ne lui est plus possible de vivre par lui-même Un repreneur est attendu de toute urgence. Plus de sous et les banques ont coupé les lignes de crédit.

L’hôpital est quasi en faillite et le directeur médical a contacté les ministres de tutelle des 2 communautés et leurs a fait part de son impossibilité d’assurer le suivit des soins.

Des repreneurs ont fait des propositions et les syndicats négociaient avec la direction une reprise acceptable pour le maximum des travailleurs de l’institution.

Mercredi 7 à 11h, la direction devait indiquer son choix (dernière limite fixée par le personnel). Demande de la direction de reporter au lendemain jeudi 8 à 11h.
Les travailleurs acceptent.

Jeudi 11h : la direction redemande un report de 24h. Bon mais c’est le dernier !

Vendredi 11h les délégués et les permanents se présentent à la réunion avec la direction… pour s’entendre demander un nouveau report jusqu’à mardi !

Les travailleur se fâchent et ferment tout les accès. La direction est séquestrée et ne sera libérée que lorsqu’une solution sera trouvée.

-« Ca fait des mois qu’ils se foutent de notre gueule mais là l’hosto est en faillite et la seule chose qui fait que c’est pas tout à fait mort c’est que il nous reste l’accréditation. On peut toujours rouvrir et rester un hôpital. Mais c’est plus qu’une boite vide : y’a plus aucun patient, deux ont été opérés ce matin et directement transférés ailleurs, des médecins sont déjà partis ailleurs, du petit matériel a déjà été embarqué hier et SODEXO (qui exploitent les cuisines -et accessoirement les travailleurs !) est venu rechercher les denrées périssables. »
-« Et là ils veulent nous faire attendre encore jusqu'à mardi ? Pas question !!! Ils resteront là jusqu’à ce qu’ils aient trouvé une solution ».

A 16 h la détermination des travailleurs est toujours solide.
« Il y a deux pistes sérieuse avec reprise d’une partie du personnel. Un cartel d’hôpitaux publics et un groupe d’hôpitaux privé (ASBL financées par l’état).
Pour nous le personnel, c’est clair. Il faut sauver l’emploi ! Nous soutiendrons la proposition qui assure au maximum de travailleurs d’être repris. »

A 17h la direction avait peut-être trouvé une piste par une acrobatie légale

Eviter la liquidation judiciaire (le juge désigne un curateur qui va prendre la solution la plus simple pour rembourser les créanciers) en prenant un administrateur indépendant dans le conseil d’administration qui peut alors, lui, désigner un curateur qui prendra en compte les négociations préalables.

A suivre…

lundi 5 mai 2008

Accord fédéral 2005-2010 insuffisant...

IL FAUT DE L'ACTION MAINTENANT!
Lors du vote de l’accord fédéral actuel en 2005, beaucoup doutaient que celui-ci puisse être suffisant pour remplir les besoins immédiats du secteur. Cela fut illustré, surtout à la FGTB, par le résultat du vote: la plus grande section du Setca Bruxelles-Hal-Vilvorde avait rejeté l’accord à 90%. Finalement, tant la Setca que la Centrale Générale ont accepté l’accord à respectivement 68% et 73%. Il y avait également du doute au sein de la LBC et de la CNE, mais pour l’une ou l’autre raison cela ne s’est pas traduit dans le résultat du vote. Finalement, le sentiment d’avoir obtenu le maximum possible a été décisif. Beaucoup a certes été arraché, mais cela ne diminue en rien le fait que seulement 14% des revendications ont étés reprises dans cet accord.

Aujourd’hui, en 2008, nous avons atteint la phase d’alarme ‘rouge’ sur le lieu de travail. Entretemps, nous sommes liés pour encore 2 ans à un accord insuffisant qui ne sera appliqué complètement qu'en 2015.

Le manque aigu et chronique de personnel est plutôt la règle que l’exception, et ce alors que la charge de travail s’accroît systématiquement (entre autres à cause du vieillissement et de l'augmentation des tâches administratives). Les heures supplémentaires atteignent des chiffres astronomiques (par milliers par hôpital), et la récupération reste lettre morte (sans parler du paiement); et nous pourrions continuer la liste encore longtemps...

Comme la LBC le dit correctement dans son tract, il faut d’urgence plus de mains dans notre secteur. Déjà plus de 2.000 soignants ont obtenu le diplôme d’infirmier via un projet spécial de formation. Malgré le fait qu’il y ait des centaines de candidats pour l’année scolaire suivante, le projet n’est plus prolongé, ‘il n’y a pas d’argent’.

PAS D'ARGENT ?
Pas d’argent, alors que les baisses de charges aux patrons atteignent des milliards d’euros par an. Il suffit de citer l’intérêt notionnel … du profit pur qui disparaît dans les poches des grands actionnaires. Toute une série d’entreprises du Bel 20 ne paient pas un centime d’impôts. Il y a bien de l’argent, mais le gouvernement préfère jouer les Robin des Bois à l'envers : voler les poches des travailleurs pour donner aux riches.
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POUVOIR D'ACHAT: dans notre secteur aussi, très problèmatique!
Du pouvoir d’achat par des augmentations salariales !


Pendant que notre secteur se trouve en queue de peloton en terme de conditions salariales (malgré les conditions de travail hyper flexibles) nous sommes liés à un plan quinquennal. D’autres secteurs peuvent corriger la situation tous les deux ans via un Accord Interprofessionnel (AIP). Les ‘cacahuètes’ que nous avons obtenu dans l’accord actuel ne suffissent pas à compenser la montée du coût de la vie, sans même compter le retard salarial par rapport à d’autres secteurs.

Ces 6 derniers mois, les prix des produits de base ont augmenté en moyenne de 13%, selon une enquête réalisée dans les grandes surfaces de Delhaize, Colruyt et Carrefour par le journal télévisé de la VRT (19 avril 2008)

Selon une étude récente de la FGTB, 20% des travailleurs actifs font partie de la catégorie des‘travailleurs pauvres’. Ces gens ne sont plus capables de se payer des concerts ou une soirée au cinéma, ils ne peuvent pas s’acheter une maison ou voyager. 35% de ceux qui ont répondu à l’enquête disent avoir des difficultés pour payer les études de leurs enfants, 37% affirment ne pas pouvoir épargner. Le phénomène de ‘working poor’ se développe principalement dans le secteur public et … dans le non-marchand.

Les ‘cacahuètes’ dans l’accord actuel se résument à la prime ‘d’attraction’ et à l’augmentation de la prime de nuit et de celle du dimanche et des jours fériés de 50 à 56 %. Pas vraiment spectaculaire. Les primes ne sont pas reprises dans le calcul de la pension, et sont plus faciles à retirer. La seule solution pour le pouvoir d’achat, c’est une augmentation considérable des barèmes. Un 13ème mois complet et une augmentation des primes pour les prestations irrégulières restent à l’ordre du jour.

DES ACCORDS DE 5 ANS NE FONCTIONNENT PAS DANS LA VIE REELLE

Vu l’évolution dans notre secteur, il est nécessaire de suivre le tout avec une vision à plus long terme. Il ne s’agit pas seulement des conditions de travail, mais aussi de l’état général des soins de santé dans le pays. De mauvaises conditions de travail laissent la voie à une commercialisation accrue et le développement de soins de santé à plusieurs vitesses. Les travailleurs en sont doublement victimes : en tant que travailleurs et en tant que patients.

L’accord interprofessionnel biannuel ne s’applique pas au non-marchand SAUF si c’est pour nous serrer la ceinture, ou pour une détérioration des conditions de travail, comme le crédit-temps lors du pacte de solidarité entre les générations. Le non-marchand ne participe qu’aux désavantages de l’AIP, à quand les avantages? Peut-être que des accords bi-annuels c'est un peu trop, mais une ‘évaluation partielle’ devrait être possible.

La colère Blanche à réinventer:
Pour un front commun syndical honnête et constructif!

Il est nécessaire que les directions nationales des syndicats, ensemble avec les militants de base, tirent des leçons de la colère blanche précédente, tant sur le plan des revendications, que sur le plan des méthodes d’action (organisation et planification) et des résultats obtenus. Les conclusions devraient alors aboutir, via une discussion aussi large que possible en front commun syndical, en un plan d’action détaillé pour la prochaine colère blanche.
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Dès le début de la Colère Blanche un ultimatum clair et concret pourrait être posé au gouvernement. Et ceci accompagné d’un plan d’action, qui construit petit à petit les actions et mène à un point culminant avec un maximum d’impact (coordonné tant sur le plan national que sur le plan provincial et local). Si on passe à l’action, il faut que les gens aient une perspective claire. La fin relativement chaotique du mouvement précédent avec ‘la grève au finish’ n’avait pas eu un effet favorable (cela ressemblait plus à l’étouffement de la grève)
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article du tract Hypertension, 30 avril

dimanche 4 mai 2008

LES LEÇONS DE LA COLERE BLANCHE EN FINLANDE EN 2007

RESULTAT: UNE AUGMENTATION SALARIALE DE 22 A 28 %, ETALEE SUR 4 ANNEES !

L’année passée, les soignants finlandais, avec leur syndicat TEHY, ont obtenu une victoire spectaculaire par leur positionnement ferme. La raison du mouvement était la baisse du pouvoir d’achat et la fuite massive d’infirmiers vers les autres pays scandinaves, où les salaires et les conditions de travail sont nettement meilleures.

Tout un plan de campagne avait été élaboré et une piste tout à fait inorthodoxe a été suivie: la menace de démission collective en masse … par les travailleurs. D’ans un premier temps, des grèves traditionnelles, des manifestations et des arrêts de travail se sont tenus afin de préparer l’ultimatum. Les démissions en masse devaient se faire en plusieurs vagues, et les militants syndicaux auraient eu droit à une indemnité de grève tant qu’il n’y aurait pas eu une solution avec réembauche de tout le monde.

Mais ça n’a pas été jusque-là. Malgré le vote d’une loi d’urgence au parlement lors du weekend précédant la fin de l’ultimatum, le gouvernement et les employeurs n’ont pas osé aller à la confrontation avec le syndicat des infirmiers (TEHY). La loi d’urgence aurait rendu possible la réquisition des travailleurs, même après leur démission. Mais il était clair qu’une partie importante des infirmiers n’auraient pas accepter les réquisitions : soudainement beaucoup d’entre eux avaient complètement disparu …

Malgré la forme drastique d’action, qui menaçait de mettre à l’arrêt les soins de santé dans leur totalité, les acteurs avait un soutien large dans l’opinion publique. Le gouvernement avait pourtant déjà organisé des ponts aériens vers d'autres hôpitaux en Europe pour gérer les cas les plus graves …
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LEÇONS POUR LA BELGIQUE ?

L’impact des actions de grèves dans notre secteur est, comme en Finlande, plutôt limité, à cause des réquisitions massives, qui dans beaucoup de cas ont l’effet pervers que durant les grèves, il y a plus de personnel présent que d'habitude vu le contrôle supplémentaire.

Des manifestations sont utiles pour annoncer nos revendications à un large public et pour mobiliser afin d’impliquer un maximum de collègues dans l’action. Comme moyen de pression sur le gouvernement et les employeurs, c’est beaucoup moins utile: à Bruxelles il y a quotidiennement diverses manifestations...

Il y a lieu de réfléchir sur ce qu’est un ‘vrai ultimatum’. Le bas taux de syndicalisation dans le non-marchand belge est plutôt un obstacle pour initier des actions collectives dures et rapides ... il faudra en tenir compte. Un autre élément perdra toujours plus de sa valeur : l'idée de soi-disant ‘intérêts communs’ entre les travailleurs et les employeurs (lesquels veulent le plus de subsides possibles afin de pouvoir en mettre davantage dans leurs poches). La compétition croissante entre hôpitaux, entre autres par la commercialisation rampante, se fera sentir de plus en plus sur le lieu de travail par une politique de plus en plus répressive envers le personnel. Dans les maisons de retraites commerciales, nous en avons déjà un avant-goût !
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article du tract Hypertension, 30 avril

samedi 3 mai 2008

MALAISE DANS LES HOPITAUX PRIVES A BRUXELLES…

Selon différents directeurs d’hôpitaux, durant les 5 années à venir, entre 1.000 et 2.000 lits se perdront à Bruxelles.
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En-dehors de la question qu’il y ait oui ou non une surcapacité de lits à Bruxelles, ce détricotage se fera sur le dos des travailleurs et des patients. A cause d'une mauvaise gestion, beaucoup d’hôpitaux ont accumulé des dettes énormes, mais cela n’inquiètera pas les directions. Ce ne sont pas elles qui devront chômer ou attendre qu'un lit se libère lorsqu’elles seront malades! Les hôpitaux privés, qui n’ont rien à craindre ces prochaines années et semblent donc en bonne santé financière, se comptent sur les doigts d’une main.

Les premiers dominos sont déjà tombés avec le licenciement collectif à St. Etienne ainsi qu'à l’hôpital Français qui est, depuis le 7 avril, dans la première phase de la loi Renault. A Erasme, on s’attend à une restructuration considérable à partir de juin. A St-Luc on a accumulé une dette sérieuse. Les ‘tendances pharaon’ (ç.-à-d.: toutes sortes de projets de construction) de la part des directions n’y sont pas étrangères. On veut augmenter encore plus la flexibilité du personnel, mais on l’appelle différemment : ‘rentabiliser’.

Vu l’impact social de cette évolution en terme d’emplois et de services à la population, nous ne pouvons pas laisser traîner les choses en longueur.

Au lieu de s’attaquer à la vague de restructurations hôpital par hôpital, il nous faut une initiative syndicale unie au niveau de Bruxelles…
afin de réveiller les responsables politiques et de leur mettre devant leurs responsabilités. Il y a beaucoup trop peu de contrôle de la part des autorités sur la manière dont les directions hospitalières utilisent les moyens de la communauté.
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article du tract Hypertension, 30 avril

Des solutions créatives...

Photos de la manif du 30 avril

Plus de photos sur le blogspot néerlandophone Polsslag

mardi 29 avril 2008

Hypertension pour la manif Non-Marchand du 30 avril

Vous pouvez lire le tract de Hypertension qui a été distribué sur la manif du 30 avril (4 pages) ici

mardi 27 novembre 2007

Sicko: Commercialiser les soins de santé ?

L’horrible situation des soins de santé privatisés américains révélée par le dernier film de Michaël Moore “Sicko” est une menace qui se concrétise de plus en plus en Belgique. Tandis que le débat sur la privatisation des soins de santé suit son cours, on met de plus en plus de pression sur les patients.

Le gouvernement intervient de moins en moins
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La Belgique dépense pour l’instant 10,1% de son PIB dans les soins de santé, un peu plus que lors des années précédentes. Raison supplémentaire pour laisser plus d’opportunités aux initiatives commerciales et tant pis si cela menace les plus nécessiteux, cela va de soi. Guy Peeters, président des Mutualités Socialistes, affirme ainsi : “75% des dépenses dans l’assurance-maladie sont allouées à seulement 10% de la population. On sait que, sur un marché privatisé, les profits exigeront une sélection plus poussée des risques. En conséquence, les personnes à risques - les malades chroniques et les personnes agées - seront les premières victimes”.

Nous avons à payer plus à mesure que le privé s’impose dans les soins de santé. Cette tendance est incontestable. En 1995, le gouvernement prenait encore 78,5% des dépenses des soins de santé à sa charge pour 71,1% en 2003. Mais, en 2005, le gouvernement ne finançait plus que 68% des frais. En d’autres termes : la part des dépenses que nous devons nous-mêmes assurer, via une assurance privée ou non, a augmenté de 20 à 30% (en France, cela s’élève à 24 %, en Allemagne à 22 % et en Suède à 15 %). Nous avons à nous occuper de près d’un tiers des dépenses, le principe de solidarité est miné d’autant.

Les soins de santé privés en marche

On remarque aujourd’hui une croissance du nombre de consultations privées de spécialistes au sein même des hôpitaux. C’est un élément révélateur du sous-financement des hôpitaux : des médecins et des spécialistes pallient à l’absence de moyens avec des cabinets privés dans les hôpitaux.

Seulement, c’est au patient de payer la note. L’hebdomadaire flamand “Knack” a mentionné dans un article dédié aux “soins de santé de classe” l’exemple d’une femme qui a demandé un rendez-vous chez un endocrinologue à l’hôpital (UZ) de Jette. Il lui a été répondu que la liste d’attente était telle qu’il n’était pas possible d’avoir un rendez-vous avant cinq semaines, à moins d’une consultation personnalisée qui lui aurait coûté entre cinquante et soixante euros, sans remboursement intégral (dans certains hôpitaux on passe régulièrement la barre des cent euros).

Finalement, les soins de santé dépendront du revenu. Déjà actuellement, la santé ou même l’espérance de vie diverge selon les moyens et les possibilités du patient. Un salarié peu qualifié décède en moyenne trois ou cinq années plus tôt qu’un qualifié, un bébé dont les parents sont au chômage a environ deux fois plus de risques d’être mort né qu’un bébé issu d’un couple qui travaille. La commercialisation et la privatisation n’auront pour effet que de renforcer le clivage entre les riches et les pauvres. Il est grand temps de se mettre en action contre la commercialisation !

Action de la LBC (CNE en Flandre) à l’avant-première de Sicko à Gand

A l’occasion de l’avant-première du film “Sicko” lors du festival du film de Gand, la "Landelijke Bedienden Centrale"/ Centrale Nationale des Employés (CSC) a organisé une action devant le cinéma Kinépolis. Depuis un moment déjà, le syndicat mène une campagne sur le thème de la “commercialisation des soins de santé”. Ils ont pris la parole dans la salle et un sosie de Michael Moore a mis en garde le public contre la commercialisation des soins de santé.
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photos sur le blogspot néerlandophone Polsslag

lundi 29 octobre 2007

Nouveau tract du SETCa Non-marchand

Délais de préavis des ouvriers
Application de la CCT du 30 juin 2006

La CCT du 30 juin 2006 - "Octroi de certains avantages du statut d’employé aux ouvriers" donne à tous les ouvriers comptant une ancienneté d’au moins 5 ans acquise dans les secteurs fédéraux de la santé deux avantages importants du statut employé. Elle constitue à ce titre une avancée significative en matière de rapprochement (vers le haut) des statuts d’ouvrier et d’employé.

En matière de délai de préavis en cas de licenciement (ou le cas échéant, des indemnités compensatoires de préavis) : Hormis durant la période d’essai, le délai de préavis à observer est de 3 mois par tranche de 5 années d’ancienneté entamée auprès de l’employeur.

Ancienneté auprès de l’employeur
Préavis donné par l’employeur
0 à 5 ans: 3 mois
5 à 10 ans: 6 mois
10 à 15 ans: 9 mois
15 à 20 ans: 12 mois


Remarque 1 : cette règle ne s’applique pas lorsque le licenciement est le fait de l’employeur, en accord avec l’ouvrier, en vue de la prépension.

Remarque 2 : Le régime supplétif prévu par la CCT n° 75 reste d’application pour les ouvriers comptant une ancienneté de moins de 5 ans.


Entrée en vigueur : le 1er janvier 2007.

En matière de salaire garanti en cas de maladie ou d’accident :Hormis dans sa période d’essai, l’ouvrier conserve le droit à sa rémunération durant les 30 premiers jours d’incapacité de travail.

Entrée en vigueur : à partir de la date à laquelle son financement par les pouvoirs publics sera effectif.

Il nous revient que certains employeurs du secteur, arguant du fait de l’absence de financement par les pouvoirs publics, refusent d’appliquer les deux dispositions susmentionnée.

Le SETCa s’insurge contre cette interprétation abusive. En effet, si cette CCT, n’est pas encore applicable en ce qui concerne le salaire garanti en cas de maladie ou d’accident, étant donné que les conditions afférentes ne sont pas encore remplies, elle doit être appliquée depuis le 1er janvier 2007 en ce qui concerne les délais de préavis adaptés.

La non-application de cette deuxième disposition risque, par ailleurs, de créer des difficultés aux travailleurs concernés par rapport à l’indemnisation chômage. Vigilance donc !

dimanche 28 octobre 2007

TO KIWI OR NOT TO KIWI: that is NOT the question!

Le 'Kiwi-light' du ministre Demotte est déjà vu comme une blague mais qui s’attendait à autre chose ? Le lobby de l’industrie pharmaceutique dans cette discussion brûlante était en quelque sorte la megacampagne du siècle dans le secteur. Beaucoup d’argent était d’ailleurs en jeu.

La baisse temporaire des prix des médicaments due à la discussion est, entre-temps, tout a fait finie à cause de l’introduction d’une nouvelle génération de médicaments très chers. C’est aussi la logique même que l’industrie compense la perte de profits dans un secteur dans un autre secteur. En dernière instance, les conditions de travail et l’emploi dans l’industrie pharmaceutique subiront la même logique pour garder au même niveau les énormes marges de profits. L’annonce des 688 licenciements chez Janssens Pharmaceutica est une triste confirmation de notre analyse.

L’industrie des médicaments génériques a entre-temps subi tellement de concurrence des produits de marque, qui offrent des médicaments aux hôpitaux en dessous du prix des variantes génériques, qu’elle est aujourd’hui hors du marché. L’exécution d’un modèle kiwi dans son ensemble assurerait encore plus rapidement la formation de monopoles dans le secteur, ce qui augmenterait les prix à moyen terme au lieu de les diminuer.

REPRESENTATION syndicale

Le Secteur Fédéral des Soins de Santé donne l’exemple dans les PMI (les Petites et Moyennes Institutions)

Depuis mars 2000, l’Accord Fédéral du secteur des Soins de Santé comprend un accord sur le principe de la baisse du seuil nécessaire à la fondation d’une délégation syndicale. Un certain nombre d’organisations patronales ont réussi à reporter la concrétisation de l’accord sur le terrain jusqu’en octobre 2007. Les mesures au profit des travailleurs ne sont jamais dans notre pays obtenues sans lutte mais maintenant, après 7 longues années, on y arrive enfin.

La baisse du seuil se fera par étapes. Dès le 1 octobre 2007, on peut établir une délégation syndicale à partir de 40 personnes dans le personnel, un an plus tard, ce sera à partir de 30 et encore un an plus tard, de 20. La condition est que la moitié du personnel en fasse la demande et accepte d’être représenté par une délégation syndicale. La délégation existe concrètement par 2 mandats accordés par le(s) syndicat(s).

Evidemment il ne s’agit pas ici des élections sociales mais c’est déjà un pas en avant comparé au récent accord national passé entre le patronat et les directions des syndicats pour laisser le vieux seuil comme base pour les élections sociales de 2008 ( et donc dans la pratique s’en foutre des directives européennes et de la loi). Nous pouvons donc constater que pour le patronat, c’est apparament une chose facile de nier la loi si celle-ci ne leur convient pas. Mais si un travailleur le fait ...

C’est un fait, avec cet accord, que la direction nationale des syndicats se rend coupable aussi de cette situation illégale. Cet accord est le résultat d’un chantage de la part du patronat qui, si nécessaire, aurait rendu les élections de 2008 impossibles, avec toutes les conséquences que cela aurait eu pour les militants syndicaux sur le terrain. Tout cela explique cette situation mais ne la justifie pas.

Sur différents terrains, les syndicats du non-marchand jouent un rôle pionnier mais qui est n’est pas suivi, ou alors d’une manière hésitante, par les secteurs privés : par exemple, la problématique des fins de carrière mais maintenant également les questions sur la représentation syndicale dans les petites et moyennes entreprises (appelées dans le secteur petites et moyennes institutions)

dimanche 14 octobre 2007

Soins de santé de qualité contre marché « libre »

Le film ‘Sicko’ de Michael Moore nous offre une belle occasion de discuter plus profondément des soins de santé aux Etats-Unis. Comment fonctionne ce système? Et y a-t-il des alternatives?

Le choc des chiffres

Une enquête, réalisée dans treize pays industrialisés a comparé 16 indicateurs médicaux. Les Etats-Unis y ont reçu une cote très basse : l’avant-dernière position du classement. Ainsi, les USA ont-ils obtenu le pire résultat en ce qui concerne l’insuffisance pondérale à la naissance et la mortalité infantile pendant le premier mois suivant la naissance. La durée moyenne du séjour en maternité y est très basse : seulement deux jours. En Belgique, en 2000, la moyenne était de plus de cinq jours ; dans les pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique), quatre jours.

Selon une enquête de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), sur un total de 25 pays, les Etats-Unis se classent 15e au niveau de la qualité des soins de santé. Cette enquête de l’OMS a tenu compte de l’état de santé général de la population. La caricature du mauvais style de vie du «gros Américain» n’a donc pas d’impact sur le classement. Divers paramètres ont été utilisés pour mener l’étude: le pourcentage de la population qui fume, la consommation d’alcool, l’utilisation de graisses animales saturées, le taux de cholestérol,...

Si l’on jugeait selon le ‘mauvais’ style de vie, les Japonais emporteraient la première position! Le Japon connaît notamment un pourcentage élevé de fumeurs : 61% des hommes et 14% des femmes. Mais malgré cela, le Japon est en première position en ce qui concerne les soins de santé. Un autre chiffre alarmant: les Etats-Unis sont en 27e position en ce qui concerne la longévité.

Les “listes d’horreur” des soins de santé américains

Le Journal of the American Medical Association du 26 juillet 2006 a donné un exemple saisissant de la mauvaise qualité des soins de santé aux Etats-Unis. Dans ce pays, les erreurs médicales constituent la troisième cause de mortalité. Chaque année, 225.000 Américains meurent d’erreurs médicales dont 12.000 pour cause de chirurgie superflue, 80.000 suite aux infections dans les hôpitaux, 106.000 à cause des effets secondaires des médicaments, etc.

4 à 18% des patients qui subissent un traitement polyclinique en subissent des effets négatifs qui nécessitent à leur tour un traitement supplémentaire chez un autre médecin. En chiffres bruts, cela signifie:

*116 millions de consultations supplémentaires chez un autre médecin
*77 millions de prescriptions supplémentaires
*17 millions d’interventions supplémentaires de premiers secours
*8 millions d’hospitalisations supplémentaires
*3 millions de traitement supplémentaires de longue durée
*199.000 décès suite à un traitement supplémentaire (donc une succession d’erreurs)
*un total de 77 milliards de dollars de frais médicaux supplémentaires

D’après les chiffres de l’OCDE, en 2001, la Belgique a dépensé 9% de son produit intérieur brut (PIB) en soins de santé. Les USA étaient en première position de ce classement avec 13,9% du PIB. Etrange lorsque l’on sait que les Américains doivent payer eux-mêmes la majorité de leurs frais médicaux. Seulement un quart de la population jouit d’une assurance garantie par des programmes d’aide publics et près de 47 millions d’Américains ne disposent d’aucune forme d’assurance maladie. La part des dépenses publiques dans le total des dépenses de soins de santé s’élève en moyenne à 72% dans les pays de l’OCDE, mais à seulement 44% aux Etats-Unis. Et ce sont pourtant les USA qui dépensent le plus en soins de santé (4.900$ par habitant), malgré leur inefficacité et leur coût élevé.

Caisses de soins de santé: D’abord les actionnaires, puis les patients

Aux Etats-Unis, les soins de santé sont en principe régulés par le soi-disant « marché libre ». Résultat: chaos total. Il existe d’innombrables formes d’organisation, chacune ayant sa propre dynamique économique, ses frais, son lot d’assurances, sa qualité et son accessibilité. Les clients concluent des contrats avec des clauses de soins auprès de prestataires bon marché répartis sur de vastes territoires. Les gens sont orientés vers le centre A pour les soins de première ligne, vers l’hôpital B pour l’aide médicale d’urgence, vers le bâtiment C pour les hospitalisations, vers la polyclinique D pour les diabètes, vers la maison de repos E, etc.

Les sociétés d’assurance et les prestataires de soins (hôpitaux, médecins de famille, maisons de repos,…) sont organisés dans les Health Maintenance Organisations (HMO). Ces industries concluent aussi des contrats avec les employeurs pour leurs salariés. Certaines font partie du secteur non-marchand, d’autres sont commerciales, cotées en Bourse et emploient les managers les plus cher du pays.

L’unique but des soins de santé aux Etats-Unis est la réalisation de profits. Plus on dépense pour soigner les patients, moins il y a de dividendes à distribuer aux actionnaires. Dans le film de Michael Moore, ce mécanisme est mis à nu. Les assurances-maladie privées font tout pour éviter de rembourser un assuré. On va jusqu’à recruter des détectives qui enquêtent sur le passé médical du patient afin de pouvoir lui réclamer de l’argent en cas de « rétorsion d’informations » lors de la conclusion du contrat. Ainsi, un cancéreux peut se voir refuser le remboursement de ses frais médicaux pour avoir omis de signaler une infection bactérienne.

D’un point de vue médico-technique, l’offre de soins professionnels est satisfaisante. Du moins pour ceux qui y ont accès. En pratique, les soins de santé de bonne qualité aux Etats-Unis sont un privilège des riches. Ceux qui n’y ont pas droit doivent en appeler à la charité et aux soi-disant ‘dispensaires collectifs’ (‘community health centers’).

Aux Etats-Unis, la médecine préventive est quasi-inexistante et se limite à la diffusion de dépliants informatifs, des vaccinations et des enquêtes auprès de la population. Les soins de santé sont entièrement centrés sur les individus et se limitent en fait à des soins curatifs. Si on veut vendre la maladie et la santé sur un marché économique, les soins de santé doivent être regroupés en paniers de ‘produits’ négociables à un certain prix. La prévention n’y trouve pas sa place.

L’approche commerciale a pour effet de déresponsabiliser les individus et les collectivités. L’impossibilité d’investir dans la santé et dans l’usage rationnel des possibilités génère le consumérisme, la surconsommation et l’usage inapproprié. Tout ceci contribue à gonfler la facture qui se répercute finalement dans la médecine curative, d’où les coûts élevés aux Etats-Unis.Aux Etat-Unis, mais également en Europe, l’idée de “liberté de choix” n’est qu’un alibi pour le marché des soins de santé. Mais la plupart des gens n’ont pas la possibilité d’y faire leur marché. Tout y est régulé par l’offre et la demande de soins.

La santé publique en Europe : Terre promise ?

Ces dernières années, en Europe également, la tendance est à la commercialisation des soins de santé. Les avocats du système américain affirment que le ‘libre’ marché dans les produits de soins aboutira à l’efficacité, à la maîtrise des coûts, au libre choix et à la qualité.
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Plusieurs tentatives ont été faites pour donner les soins de santé en pâture aux vautours du privé par le biais des institutions internationales (entre autres l’OMC et l’UE). Par exemple, seule la pression syndicale a permis d’éviter (provisoirement ?) que le secteur de la santé (et ses dérivés) tombe dans le champ d’application de la directive “Bolkestein”.
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Bien loin de la vision idyllique qu’en donne “Sicko”, les soins de santé en Europe souffrent de graves carences. A l’instar d’autres secteurs, la politique néo-libérale y a laissé des traces profondes. Les mesures d’économie n’épargnent pas ce secteur et les problèmes sont donc le plus souvent dus à un manque de moyens qui met sous pression les systèmes de soins de santé universels comme le NHS (National Health Service) en Grande-Bretagne.

Et en Belgique ?

La pression financière accrue sur les soins de santé qui deviendrait intenable pour les pouvoirs publics sert d’argument massue pour justifier l’ouverture du secteur au privé. Ainsi, les longues listes d’attente dans le secteur des maisons de repos constituent l’alibi parfait pour des initiatives privées. Dans ce secteur, les maisons de repos commerciales sont en train de gagner du terrain : il y a déjà 7 grandes sociétés d’investissement qui sont actives sur le terrain. Elles y font évidemment des bénéfices, ce qui implique des économies sur le personnel, les bâtiments, l’infrastructure,… L’engagement de ces sociétés d’investissement n’est évidemment pas dicté par l’amour des personnes âgées...

Dans les hôpitaux, on sous-traite les tâches secondaires (comme les services de nettoyage) et on privatise les activités les plus lucratives. Dans certains hôpitaux (publics), il y a plusieurs catégories de personnel qui coexistent : à côté du personnel nommé en voie d’extinction, il y a les contractuels qui sont engagés dans des entités juridiquement distinctes où les salaires et les conditions de travail sont nettement inférieures…

Une commercialisation accrue ne peut qu’aboutir à terme à un système de soins de santé à deux vitesses : une offre de base accessible à tous et des soins de luxe pour ceux qui peuvent se le permettre.

David et Goliath…
Les soins de santé à Cuba et aux USA


Le cauchemar des soins de santé aux Etats-Unis contraste avec la situation à Cuba. Malgré les critiques que l’on peut faire au régime cubain, il est frappant de constater que la santé publique y est meilleure qu’aux Etats-Unis. A Cuba, les soins de santé sont gratuits et universels. Il y a un système de soins intégrés qui met l’accent sur la prévention. Les médecins soignent leurs patients mais agissent aussi sur les causes. Ils appliquent un politique médicale au niveau des quartiers. Dans les laboratoires cubains, la recherche sur les vaccinations est très poussée.
Des milliers de médecins cubains travaillent dans 68 pays différents. Rien qu’au Venezuela, il y a près de 20.000 travailleurs de la santé cubains. Pas mauvais pour un pays du Tiers-Monde avec autant d’habitants que la Belgique. Les médecins compétents ne deviennent donc pas forcément des vampires assoiffés d’argent...